COMORES : COURSE DE VITESSE POUR MODIFIER LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

L’évaluation de la situation des médias réalisée en novembre 2016 (David Bohbot) avec la participation financière de l’ambassade de France, a fait ressortir les priorités suivantes pour le développement de la presse écrite :

  • La formation des journalistes et la création d’une unité de formation continue,
  • La création d’une personnalité juridique et morale permettant d’assurer la représentativité de la presse écrite,
  • La mise en place d’une imprimerie commune,
  • La construction d’un réseau de distribution,
  • La constitution d’un corps d’experts et de formateurs comoriens.

Ces différents projets nécessitent l’existence de structures collectives adaptées.

En effet, la formation, les missions d’expertise, le réseau de distribution (ou les projets structurants à venir) sont du ressort d’une association, sans but lucratif, commune à tous.

En revanche, la création d’une imprimerie communautaire (ou d’autres projets à caractère commercial) relève d’une structure juridique adaptée.

En 2016, une session de formation aux fondamentaux du journalisme a été tenue en novembre 2016 compte tenu des urgences (Loïc Hervouet).

STRUCTURATION DE LA PRESSE ÉCRITE

Le programme 2017 souhaité par nos partenaires, avec le soutien financier de l’ambassade et la Région Centre-Val de Loire, vient de s’achever avec succès.

  • Création du GEPIC (Groupement de la Presse d’Information Comorienne). Les éditeurs comoriens disposent désormais de la capacité juridique et morale d’agir collectivement pour représenter les intérêts de la profession,
  • Création de l’Union Économique de la Presse des Îles Comores. Il s’agit d’un GIE regroupant la presse écrite payante et gratuite pour mettre en place une imprimerie commune. Les charges d’impression constituent un goulot d’étranglement. Après avoir payé l’imprimeur, les journaux sont exsangues (ces deux missions étaient conduites par David Bohbot).
  • La « Mission d’évaluation des médias du service public » (Loïc Hervouet) a permis de faire un travail en profondeur. Il permet de mesurer le chemin qui reste à parcourir pour que les médias audiovisuels soient réellement au service du public. Notre partenaire, l’organe de régulation (CNPA), s’est approprié les conclusions de ce travail qui a été adressé « solennellement » au président de la république. Nous assurerons le suivi de ce dossier (LH).
  • Projet de création du CFPJC (Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes Comoriens). Nos avons poursuivi le travail engagé en 2016 (DB) avec plusieurs séances de travail avec l’université des Comores (LH). Loïc Hervouet a proposé un programme destiné en priorité aux jeunes journalistes qui s’inspire du fameux « passeport professionnel » qui n’a jamais vu le jour en France. Ce projet est conçu dans le cadre des universités de l’Océan Indien et en particulier en partenariat avec La Réunion.

POUR LA FORMATION, LES URGENCES

  • Session de formation au journalisme radio (Emmanuel de Solère Stintzy). Si les journalistes de l’ORTC bénéficient de stages, il n’en est rien pour les nombreuses radios privées. Le CNPA a recruté de jeunes journalistes qui seront bénéficiaires de sessions de formation et de perfectionnement dans la durée. Bon niveau de stagiaires, pré requis respectés. Satisfaction de tous. Un niveau 2 pour 2018 est dans les tuyaux.
  • Session de formation « les fondamentaux du journalisme télévisé » (Jean-Claude Allanic). Profil de jeunes journalistes qui, même en provenance de la télévision, pratiquent surtout la radio. Bon niveau et grosse motivation. En réflexion pour 2018. Comment poursuivre ?

INVESTIR POUR L’AUTONOMIE DES INTERVENTIONS

Nous avons pris et tenu l’engagement de participer à la création d’un corps d’experts comoriens.

Les intervenants accompagnant les formateurs, en Co animation, répondent aux meilleurs standards. Excellent parcours et forte expérience professionnelle. Nous continuerons à les accompagner.

Pour la mission d’expertise de Loïc, bilan mitigé. Pour la mission de David, l’expert a un excellent niveau.

2018 : COURSE DE VITESSE POUR CHANGER LE MODÈLE ÉCONOMIQUE

En conclusion, trois missions s’imposent pour 2018 : Création du CFPJC, construire le cahier des charges de l’imprimerie et réaliser l’étude préparatoire pour la mise en place du réseau de distribution.

Il convient de donner « une chance » à cette jeune presse écrite en poursuivant la mise en place des structures de développement. C’est une course de vitesse. Notre association s’engage à fond.

Le programme « complet » 2018 est en cours d’examen avec le GEPIC, le CNPA et l’ambassade de France qui a désormais décidé de nous doter d’un programme triennal.

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